Billet d’humeur

Une fois n’est pas coutume, c’est un billet d’humeur que je vous propose aujourd’hui.

Alors que le calendrier politique semble dicter les mesures sanitaires plus que le bon sens et l’évidence scientifique, comment ne pas s’inquiéter pour la santé de nos patients.

Certes le nombre de nouveaux contaminés baisse considérablement mais il reste à un taux élevé (1634/100000 habitants hier dans l’Hérault). 390 personnes sont décédées du COVID hier. Depuis le début de l’année, près de 5000 enfants de moins de 10 ans ont été hospitalisés soit environ la moitié du total depuis 2020. On annonce la fin des masques en intérieur alors que c’est la seule barrière efficace avec les mesures d’assainissement de l’air intérieur.

La relation médecin-patient a changé. Autrefois basée sur le paternalisme qui faisait que le médecin prescrivait et le patient exécutait, elle a évolué vers un partenariat permettant une décision partagée entre patient et médecin. Cette relation, basée sur la confiance réciproque, favorise une meilleure adhésion aux soins et un respect mutuel.

Avec la crise sanitaire nous avons vu fleurir une multitude d’experts néophytes ayant un avis sur tout et une multitude de désinformation avec des enjeux financiers au dépens de la vie de nombreuses personnes. Ces nouveaux canaux de (dés)information ont mis à mal la relation médecin-patient. D’un côté des faits scientifiques avec parfois leur lot d’incertitude et de correction dans le temps et de l’autre des opinions. Nous sommes passés d’une décision basée sur une balance bénéfice/risque à une décision basée sur « pour ou contre » : pour ou contre le port du masque, pour ou contre la vaccination, pour ou contre l’injection de rappels, pour ou contre la vaccination des adolescents et des enfants.

Peut-on être pour ou contre la mort des plus fragiles, des non vaccinés ?

Les faits montrent l’efficacité de la vaccination sur les formes graves de COVID y compris chez les enfants qui, même s’ils en meurent peu, peuvent présenter des formes graves ou des COVID long dont on ignore les conséquences à long terme. Les effets secondaires graves du vaccin ont été rarissimes et traqués plus que jamais, tellement traqués que certains ont utilisés les chiffres de déclaration d’effets indésirables comme preuve de leur dangerosité alors que les analyses de ces déclarations démontraient le contraire.

Après 2 ans de pandémie, la tentation est grande de baisser les bras, nier la présence et la dangerosité du virus pour retrouver « la vie d’avant ». Pour nous aussi soignants, il nous serait agréable de cesser de devoir argumenter pour convaincre : convaincre qu’il faut poursuivre les mesures barrières en intérieur, se vacciner, vacciner nos enfants et adolescents. Mais nous ne pouvons fermer les yeux sur le risque pris par les plus fragiles d’entre nous, les plus âgés et ceux qui grâce à la médecine aussi vivent normalement mais avec l’épée de Damoclès de l’infection. Nous ne pouvons nous empêcher de trembler pour nos patients covidés, non vaccinés ou immunodéprimés. Il nous semble parfois être seuls conscients du risque quand on voit le planning de vaccination adultes et surtout enfant déserté.

Alors difficile de céder au paternalisme mais nous ne pouvons que vous encourager à nous poser des questions, à ouvrir la discussion. L’épidémie n’est malheureusement pas finie.

Dr Ferrières.

2 réflexions au sujet de « Billet d’humeur »

  1. Bonjour,
    En ce qui me concerne, je n’enlèverai les masque à l’intérieur et, à l’extérieur lorsqu’il y a du monde, que lorsqu’il n’y aura plus de malades.
    J’approuve donc votre prudence et votre mise en garde.

    J’aime

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